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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 21:52

Me revoici me revoilou! Et cette fois-ci, c'est pour vous parler du Cantal! En effet, je suis partie dans le Sud-Est du département (donc pas vers Aurillac, mais vers Saint-Flour/Coltines pour les connaisseurs ) pour réaliser un diagnostic agraire du coin à... 36! Eh oui, nous sommes 36 dans la spécialité "développement agricole" de mon école.

 

Mais en quoi consiste un diagnostic agraire?

Pour résumer, la version rapide (c'est-à-dire ce que nous avons fait en une semaine) consiste à aller voir des agriculteurs (soit on frappe à la porte de la grange, ou de l'étable, ou de la maison, ou on les trouve même dans les champs *hin hin* eh oui, les agronomes sont des parasites tenaces!! ) par groupe de 4 et on leur pose tout un tas de questions. En vrac: quels sont vos productions? Race des vaches/moutons/lapins/cochons/bestioles? Votre itinéraire technique? vos cultures? rendements? engrais? subventions? etc etc....

Avec ça, on détaille toute leur production, leurs revenus (même le montant des intérêts des prêts contractés pour acheter un nouveau tracteur n'échappent pas à notre flair aiguisé!! ^^) et en gros, tout ce qu'ils font dans leur boulot pour pouvoir ensuite regrouper leurs exploitations par archétypes (par exemple, un de nos archétypes était: "Grand éleveur bovin allaitant en race Aubrac avec bâtiment ancien et nouvelle stabule". En français, pour ceux qui ne comprennent pas le chinois: "Eleveur de vaches allaitantes, pour donner de la viande donc, de race Aubrac", en gros...).

 

Et une Aubrac, c'est ça:

 

photounpaysvacheCB.JPG

image venant d'ici

 

N'est-elle pas mimi tout plein? *moi, gaga des vaches?? meuh non!!*

 

Ensuite, nous détaillons l'économie de chacun de ces archétypes (c'est un peu compliqué: en gros, on "reconstruit" une exploitation-type qui n'existe pas mais en s'inspirant d'exploitations que nous avons visitées), en recalculant tout un tas de trucs: produit brut, valeur ajoutée, revenu agricole, subventions...

Après, cela permet de nous faire une idée sur les enjeux de l'agriculture régionale, les évolutions futures, etc....

Sachant que pour réaliser un diagnostic agraire complet, il nous faut aussi une histoire de la région et du pays dans lequel elle se trouve, une idée de la qualité des sols, de la nature de la "roche-mère" du sous-sol, ... Et dans l'idéal, c'est-à-dire lorsque l'on dispose de plus d'une semaine, on rencontre également tous les acteurs du coin (politiques, agricoles, commerçants, etc...), en essayant d'avoir la vision la plus complète possible des filières...

 

Et tout ça pour quoi faire me direz-vous? Eh bien, c'est souvent dans le but de faire le point avant de réaliser un projet au niveau agricole, ou après, voire même pendant, pour évaluer l'évolution de ce projet.

 

Nos conclusions pour ce rapide voyage d'étude dans le Cantal? Restons modestes, ce sont plutôt des intuitions que de véritables conclusions mais nous avons pu voir que dans cette région aux conditions relativement difficiles (altitude moyenne élevée, irrégularités du paysage, hivers rudes...), les agriculteurs dépendent des subventions pour vivre, surtout en ce qui concerne les éleveur bovins allaitants. C'est une situation rageante pour tous les agriculteurs, qu'ils soient dans le Cantal ou ailleurs en France, que de se voir obligés d'accepter des subventions pour avoir un niveau de vie suffisant alors qu'ils bossent bien plus de 35h par semaine. Comme ils le disent eux-mêmes "On n'aime pas être considérés comme des assistés."

De plus, pour les éleveurs bovins laitiers (pas de "céréaliers" dans la région, juste des éleveurs), la valorisation du lait en fromage Cantal paraît insuffisante (le Cantal est un des fromages les moins chers du marché, vérifiez quand vous irez faire vos courses la prochaine fois). Le Salers n'est pas trop mal valorisé mais il existe toujours une marge d'amélioration possible...

Bref, la paysannerie du Cantal n'en est probablement pas au bout de ses peines... Un peu comme partout en France d'ailleurs, où le tissu rural se défait: on s'achemine peu à peu vers des ensembles d'exploitations de grande superficie avec peu d'actifs pour un grand nombre d'hectares... Et la réduction de la main-d'oeuvre agricole est une tragédie pour les campagnes: départ des jeunes vers les villes, fermeture d'écoles, disparition de services...

En gros, il y a du boulot pour essayer de redynamiser ce tissu rural...

 

En attendant, voici quelques photos pour terminer (quand-même!!) sur une note bucolique.

 

P9130006.JPG

Des Charolais au pré

 

P9160020.JPG

Des Salers curieuses... Elles ont l'air toutes douces, avec leur toison, vous ne trouvez pas?

 

P9130001.JPG

Oooooh, du bocage!!

 

P9130008.JPG

Et pour finir, un joli petit chateau perché.

 

Sur ce, je vous laisse, il se fait tard et j'ai encore une montagne de choses à régler avant de m'abandonner dans les bras de Morphée!

A très bientôt pour de nouvelles aventures et bonne nuit!

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